Témoignage d’un pèlerin : « A Rome , le tombeau de Saint Pierre est d’une vibration exceptionnelle »

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Parmi les souvenirs de mes visites dans les lieux saints, il me revient juste cette vive impression de la grande proportion de la vie spirituelle dans l’humanité. À mon arrivée à Lourdes, j’assiste à la première messe, dite par un prêtre brésilien, dans son homélie prononcé en anglais, il dit à plusieurs reprises « Thank you for that » et il ajoutait : « en cherchant ce jour, le chemin qui mène à la grotte, afin de ressentir ce que Bernadette Soubirous eut avec la vierge Marie, vous avez reçu et compris le message de l’immaculée conception ». A Jérusalem, un inconnu m’a appelé en me disant : entre chez moi cher frère !

Remercions ensemble le Seigneur d’avoir béni ta route et qu’il te ramène en paix. Oui je suis bien rentré en paix… A Rome, le tombeau de Saint Pierre est d’une vibration exceptionnelle, je ne parlerai pas celui de Saint Paul. Ces trois endroits ont un caractère didactique je perçois cela comme un foyer de réflexion et une réponse aux objections d’un chercheur.

Le sens du pèlerinage c’est d’aller chercher le fruit spirituel qui doit en être la semence aussi ; c’est un voyage pieux, agrémenté de curiosité historique ; c’est le seul contact qu’on puisse faire avec la catholicité.

L’existence de Dieu ne se prouve pas, elle s’éprouve, je l’ai éprouvée avec une singulière intensité devant le tombeau de Pierre, comme celui de Saint Jean, à travers la grotte de Lourdes et ceux de Saint Paul et Saint Sébastien. Comment avec une telle grâce on ne sera pas attaché profondément ?

A Rome, le tombeau de Saint Pierre est d’une vibration exceptionnelle, je ne parlerai pas celui de Saint Paul.

Ces voyages ont augmenté ma fierté d’être chrétien et suscite en moi une authentique générosité et simplicité, sans compter le respect que j’ai à l’égard des autres religions notamment les musulmans ou la civilisation indienne. je souhaite inspirer à des frères d’essayer cette expérience afin de contribuer au rayonnement de la foi dans le monde. Il s’agira de perpétuer une tradition millénaire, j’ai la chance de m’y rendre par des moyens de locomotion moderne mais avant c’était au prix de nombreux efforts que les pèlerins parvenaient à ces endroits.

Rome demeure à mes yeux le trésor de l’histoire de l’humanité. Qui a bâti cette ville ? Il n’existe pas une autre ville aussi pensée que Rome sur terre, au-delà des églises gothiques, des musées, des obélisques, des œuvres d’art, il restera pour le pèlerin de connaître l’âme de cette ville unique et éternelle. C’est tellement beau on dirait le petit bébé recouvert d’un sceau éclatant. Pourtant ce n’est pas un bébé, mais un roi habillé, en pourpre et en or.

J’allais oublier le mur de lamentation véritable spectacle de la simplicité, silencieux, qui ramène l’homme au sable dont il était issu. Que dire du Fleuve Jourdain, aux Monts des Oliviers, de la Basilique de la Nativité au Sanctuaire de Golgotha, tout ceci compose le visage éternel. On a plus envie de lire la Bible puisqu’on la vit, le message éternel se déroule devant vous chargé d’ans pourtant mais devenu jeune. Pour la première fois j’ai confessé mes péchés, j’ai prié et j’ai renouvelé ma foi, c’est ce qui fait ma vie.

L’existence de Dieu ne se prouve pas, elle s’éprouve, je l’ai éprouvée avec une singulière intensité devant le tombeau de Saint Pierre , comme celui de Saint Jean, à travers la grotte de Lourdes et ceux de Saint Paul et Saint Sébastien.

Je dis heureuse Rome, heureux celui qui l’a conquise, ville consacrée par le sang glorieux des deux apôtres, resplendit toujours d’une incomparable beauté, mais il me vient aussi cette philosophie de l’existence et je peux dire que les lieux saints ce ne sont pas des lieux conçus pour favoriser la prière personnelle dans le recueillement, ils sont faits pour accueillir l’assemblée des foules chrétiennes venue du monde entier.

Le pèlerinage glorifie l’homme quand il prend le chemin où il retrouve une conscience plus vive de sa mission sur terre. Ce qui m’a le plus marqué ce sont les arts gothiques dont les églises sont devenues les gardiennes, par exemple dans la peinture de Michel-Ange sur le jugement dernier on peut lire dans l’âme du peintre le signe du pécheur qui souhaite retourner à la foi.

La chapelle sextine et une œuvre capitale, authentique proclamation, un appel terrible des réalités surnaturelles dans un monde trop confiant en lui-même. Elle ouvre la voie à l’art de la reforme catholique et brise avec les complaisances intérieures afin d’exposer la beauté purement extérieure qui a pour finalité le triomphe du sentiment chrétien devant la sensualité païenne.

 

Une chronique de Calvin Honoré Djouari ,

Enseignant et Écrivain camerounais

 

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