Regard de Calvin Honoré Djouari sur le désordre à la Fecafoot

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Il est difficile de dresser l’état des lieux tout simplement en écoutant les émissions sportives à la télé, dans les médias ou dans les journaux. Pour comprendre ce milieu il faut être partie prenante. Mais un observateur averti peut aussi savoir ce qui se passe s’il s’informe bien. Dans un milieu où il y a trop d’animosités, c’est facile de soutirer les informations ultras secrètes.

Le football anime la vie publique camerounaise, c’est le seul moment où l’opinion publique est en état d’alerte. Dans les quartiers, les débats vont bon train et dans les médias, l’animation de grands débats s’activent passionnément ; parce que le football est au Cameroun le premier emblème du pacte social, l’occasion d’une rencontre avec la diversité des idées, d’arguments et de commentaires de toute sorte.

C’est par ailleurs l’instrument par excellence que le gouvernement utilise pour redorer son blason au sein de la communauté nationale et internationale. Quand le football respire et surtout quand il respire mal, ce malaise se répand dans tout le Cameroun, quand les Lions jouent et s’ils jouent mal, chaque camerounais se sent affecté et traumatisé.

En ce qui me concerne, il m’arrive d’avoir une honte personnelle partout où je me trouve. Lorsque le Cameroun gagne, j’ai envie de me présenter partout en arborant son maillot. Tout ceci montre que chaque individu se trouve au cœur du système. J’admire les Camerounais dans la défaite, ils restent admiratifs du vainqueur, cette force d’âme est unique en Afrique pour l’instant.

Au Sénégal ou au Gabon, quand ils sont battus, les spectateurs et les joueurs peuvent se faire lyncher. L’ambiance au sein du football camerounais est prise très sérieuse, car il génère de nos jours d’immenses enjeux financiers mais aussi politiques. C’est la source du désordre qui règne au sein du football Camerounais, l’état d’esprit qui anime les protagonistes au sein de la Fecafoot et qui n’a rien à voir avec le sport aura des conséquences désastreuses parce que les Camerounais sont rancuniers. Ils ne s’avouent jamais vaincus et les équipes déchues ont des partisans qui les aident dans la reconquête du pouvoir. Il y a une épine dans l’œil du mouvement sportif camerounais ; Il y a une lueur ténébreuse qui y règne en son sein. Pourquoi ? Je vais dire quelque chose que beaucoup ignorent et qu’ils auront du mal à accepter.

Le désordre date depuis l’épopée des Lions Indomptables en 1990, cette équipe qui était faite pour remporter la coupe du monde avait creusé sa tombe cette année sans le savoir.

Une épopée éclatante qui avait vu émerger de façon spectaculaire une équipe africaine, les Occidentaux ont apprécié mais ont décidé de freiner les systèmes à leur façon, parce qu’ils étaient convaincus qu’avec cette prestation des Lions de 90, une équipe africaine sera capable d’accéder à la finale de la coupe du monde ; exactement comme sur le plan militaire des pays qui veulent s’affirmer militairement doivent être anéanti dans l’œuf.

C’est ainsi que le système mafieux d’une instance dont je tais le nom s’est infiltré au sein du football camerounais pour le déstabiliser, depuis ce temps le Cameroun n’a eu que des remous à chaque début de compétions mondiales. Constatons déjà que notre équipe nationale depuis 1990 bien que qualifiée à chaque fois n’a plus jamais traversé le premier tour d’une coupe du monde. Pour réussir leur système mafieux il a fallu après la coupe du monde 90 instaurer les élections dans chaque fédération, bien que cela réussisse ailleurs, les mafiosi savaient comment ils feront avec le Cameroun où les hommes sont très prisés par les sensations du pouvoir. Cela a bien réussi. Chaque adversaire est sponsorisé par des milieux occultes.

Ce désordre qu’on a au sein de la Fecafoot ne vient pas des Camerounais, ils ne sont que des bras séculiers, il y a des gens bien tapis dans l’ombre qui ne sont pas des Africains qui financent ce mouvement exactement comme on finance les mouvements des pays en guerre.

Ce désordre qu’on a au sein de la Fecafoot ne vient pas des Camerounais, ils ne sont que des bras séculiers, il y a des gens bien tapis dans l’ombre qui ne sont pas des Africains qui financent ce mouvement exactement comme on finance les mouvements des pays en guerre.

L’objectif est le retard du football africain dont le leadership est assuré par le Cameroun ; mais beaucoup de personnes ignorent tout ceci. Les camerounais s’opposent pour rien. Il n’y a pas de problème de comité de normalisation. Vous voyez un pays comme la France, l’Italie ou l’Allemagne passer deux décennies pour un problème au sein d’une association sportive ?

Cette mafia qui s’est introduite au Cameroun est la même qui avait animé les Hooligans d’Angleterre dans les années 80 pour freiner la force de Liverpool qui dominait le foot à l’UEFA, on payait ces voyous pour faire des casses. Le gouvernement camerounais est paralysé parce qu’il ne peut rien devant la Fifa, cette organisation puissante. Pourtant la seule solution est le retour au passé, les élections des présidents à la tête de la Fecafoot impacte sur le football camerounais négativement parce que tous ceux qui tournent à la Fecafoot sont là pour de l’argent, cette attitude montre les fausses valeurs qui animent leur vie.

Pourquoi dans d’autres associations des autres disciplines sportives il n’y a pas un tel engouement, tout simplement parce qu’il n’y a pas d’argent là-bas. Ils sont tous balafrés par l’enjeu financier qui est en cours. Il y a suffisamment des intelligences mais, l’intelligence ne suffit pas lorsqu’on n’a pas intériorisé les valeurs morales. Les dessous du football camerounais laissent à désirer ; je plaide pour un retour à l’ancien système où le président de la Fecafoot est nommé par le ministre du sport, à l’époque où cela se faisait il y avait pas ces désordres, ceci qui montre l’incapacité des Africains dans la culture démocratique.

Il faut restaurer l’autorité de l’Etat car le système actuel depuis l’instauration des élections ne fonctionne pas. Le football Cameroun doit être dirigé comme une entreprise, il faut un seul patron qui prend les décisions, il faut un président qui vient du sérail, doté d’une culture footballistique qui rend compte au ministère. Il ne s’agira pas de venir combattre le rigorisme excessif, même si quelquefois le désordre montre la vitalité, il y a longtemps que cette histoire dure. Pourquoi les hommes ne peuvent pas chercher à travailler ensemble ? Pourquoi tant de coups bas, mais on sait qu’au Cameroun les rats ne quittent jamais les bateaux même s’ils coulent.

Quand on est uni on est très fort, cela s’est démontré lors de la dernière coupe des nations au Gabon. La Fifa le sait et à chaque fois c’est à dessein qu’elle veut écorner le milieu de l’administration du football camerounais. Ce qui nous faut, ce sont les états généraux du football, compte tenu de son importance dans la vie publique.

Maintenant quelle couleur va prendre le comité à la fin des travaux ? Est-ce une couleur de la Fifa, est-ce une couleur du gouvernement ? Est-ce une couleur de la société civile ? Ce qui est sûr on aura une couleur vert-rouge- jaune avec une grosse bande de couleur inconnue qui va l’édulcorer l’ensemble. Quand on est uni on est très fort, cela s’est démontré lors de la dernière coupe des nations au Gabon. La Fifa le sait et à chaque fois c’est à dessein qu’elle veut écorner le milieu de l’administration du football camerounais. Ce qui nous faut, ce sont les états généraux du football, compte tenu de son importance dans la vie publique.

On doit davantage faire appel à ses anciens joueurs et encadreurs, ce n’est pas intéressant de confier à des personnes étrangères à la chose sportive comme cette soit disant comité mise en place. On aura les mêmes couleurs. On n’a pas besoin de boire tout l’eau de la mer pour connaître son goût, il suffit d’une seule gorgée, le résultat de ces travaux sera comme l’aventure de cet homme enceinte dont la femme jubilait de joie espérant de porter enfin le bébé de son mari et qui le jour de l’accouchement pondit un œuf.

Je m’abstiendrai de condamner trop durement les équipes précédentes ou actuelles qui se sont toujours battues dans tous ces difficultés pour avoir un résultat par passion du football bien que leurs yeux sont rivés ailleurs. Et si après tout, ce comité de normalisation pouvait redonner au sport ses fonctions originelles de santé et de fraternité. Mais je ne vois pas cela avec les camerounais tant que l’argent circule.

Par Calvin Honoré Djouari, Ecrivain  et Enseignant l La Voix Des Décideurs

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